L’air froid s’est glissé dans les rues et chez Nicole, présidente d’une association d’accompagnement à la rénovation près de Maubeuge, chaque degré compte. Elle voit défiler chaque hiver des familles inquiètes, qui veulent comprendre : faut-il éteindre complètement le chauffage en journée, ou simplement le baisser ? Entre vécu, chiffres à la clé, et conseils actionnables, Nicole partage son expérience sans détour.
Interview avec Nicole, accompagnante habitat en zone rurale

Kenny Charlier (PACT-ARIM) : Nicole, à l’approche de l’hiver, pourquoi tant de familles hésitent encore à baisser ou à couper totalement leur chauffage la journée ?
Nicole : Beaucoup pensent qu’arrêter complètement le chauffage est la meilleure façon d’économiser. Mais ce n’est pas si simple : dans nos maisons, surtout quand elles sont anciennes ou peu isolées, la chaleur s’échappe vite et il faut tout relancer en rentrant, ce qui consomme beaucoup d’énergie d’un coup. Certains me disent qu’ils ont vu la différence… sur leur facture, mais pas forcément dans le bon sens !
« J’ai vu des locataires geler la journée pour limiter leur budget, puis rallumer à fond le soir. Résultat : murs froids, humidité et une consommation qui explose. »
KC : Quelle est la règle la plus sûre pour économiser sans se mettre dans le froid ou abîmer son logement ?
Nicole : Il est plus efficace de simplement baisser le thermostat à 16 ou 17°C dans les pièces vides, au lieu de tout couper. Diminuer d’1°C, c’est 7 % d’économie sur l’année ! Chez certains, un simple geste évite jusqu’à 10 ou même 15 % de dépenses en moins, sans avoir à subir l’inconfort du redémarrage total le soir. Pour un salon ou une chambre d’enfant occupée, je recommande 19°C ; pour une salle de bain, on monte à 22°C lors de l’utilisation, puis on réduit ensuite.
Bon à savoir
Je vous recommande de baisser la température de votre thermostat de 2 à 3 °C en journée lorsque personne n’est à la maison. Cela diminue l’énergie consommée tout en maintenant la structure de votre maison au chaud, facilitant un retour à une température confortable le soir.
KC : Que se passe-t-il si le chauffage est arrêté totalement, surtout dans les passoires thermiques ?
Nicole : Le froid entre, les murs se chargent d’humidité, on peut voir apparaître des moisissures… Et à la remise en marche, c’est la surconsommation : la chaudière ou les radiateurs doivent travailler deux fois plus pour chauffer l’air et les surfaces. Ceux qui font ça réalisent souvent que la facture reste élevée et que c’est le confort qui trinque en premier.
KC : Pour des absences de plusieurs jours ou des vacances, la règle est-elle différente ?
Nicole : Là, je recommande le mode « hors-gel », autour de 8°C. Ça évite tout risque de détérioration des canalisations. J’explique toujours qu’il vaut mieux programmer une lente montée en température au retour que de repartir de zéro. Ne pas oublier de fermer les volets et bien calfeutrer le logement.
KC : Thermostat programmable, gadgets ou vraie solution pour maîtriser le chauffage ?
Nicole : C’est un vrai progrès, surtout pour les familles actives. Un thermostat programmable, même basique, permet de régler automatiquement selon ses horaires, d’anticiper le retour à la maison, et d’éviter les oublis. D’ici 2027, tous les logements devront s’en équiper, et ça va soulager beaucoup de monde. Les plus avancés s’adaptent même à la météo ou détectent une fenêtre ouverte.
Bon à savoir
Je vous recommande de vérifier les aides publiques disponibles pour installer un thermostat ou améliorer l’isolation de votre logement (MaPrimeRénov’, ANAH, CEE…). Des associations locales comme le réseau PACT-ARIM peuvent vous accompagner gratuitement dans vos démarches.
Selon les spécialistes, réduire le chauffage quelques heures par jour permet de diminuer significativement sa facture sans sacrifier son confort.
Selon Nicole, comprendre pourquoi certains baissent le chauffage à 19°C mais restent frigorifiés est essentiel pour adapter ses habitudes et optimiser sa consommation énergétique.
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KC : Baisser le chauffage suffit-il si la maison est mal isolée ? Quels conseils prioritaires donner à ceux qui ne savent pas par où commencer ?
Nicole : Ce sera toujours plus efficace si l’isolation suit : fenêtres, murs, toiture… Mais on n’a pas tous le budget pour refaire tout d’un coup. Mon conseil : s’occuper en priorité des zones froides, purger les radiateurs, bien libérer l’espace devant les chauffages, et rêver d’aller plus loin pas à pas, avec l’aide des dispositifs disponibles.
KC : Enfin, faut-il opter pour de nouveaux modes de chauffage comme la pompe à chaleur ou le bois ?
Nicole : Ceux qui le peuvent, oui, car la pompe à chaleur réduit la consommation – mais c’est un investissement. Les poêles à bois sont aussi une option dans certaines régions, surtout avec un bon approvisionnement local. Mais pour la plupart, l’essentiel c’est de ne pas rester isolé, de se faire accompagner et de prendre le temps de s’informer sur les vraies aides existantes.
« On progresse tous en se serrant les coudes. Personne n’a à affronter seul les galères de logement ou le casse-tête des factures. L’accompagnement, c’est le maître-mot. »
Vous hésitez sur les bons gestes pour votre chauffage, ou avez-vous essayé des réglages qui ont bousculé vos factures ? Votre expérience ou vos questions sont précieuses pour la communauté. Que comptez-vous changer cet hiver ? Partagez votre avis ou contactez-nous pour trouver des solutions adaptées ensemble !
Si cet entretien vous a aidé ou inspiré, pensez à le partager autour de vous : proches, voisins, professionnels ou élus, chacun a un rôle à jouer pour un logement plus sain. À bientôt, peut-être pour de nouvelles questions à poser à nos experts de terrain…



