Chaque hiver, la même question revient devant les radiateurs : faut-il laisser le chauffage tourner à bas régime toute la journée ou le baisser dès que la maison est vide ? Pour éclairer les propriétaires inquiets face à la flambée des factures, nous avons rencontré Paul Lefèvre, expert énergie et accompagnant technique dans le réseau PACT-ARIM, qui accompagne depuis plus de 15 ans les foyers modestes et seniors sur la rénovation thermique. Son regard de terrain est précieux pour démêler le vrai du faux dans une période où chaque geste compte.
Paul Lefèvre, pouvez-vous rappeler d’où vient l’idée de chauffer à basse température en continu ?
Cette pratique vient d’une époque où les systèmes étaient bien moins efficaces qu’aujourd’hui. Avant, une chaudière mettait longtemps à monter en température, surtout si la maison était mal isolée. Les gens ont donc gardé l’habitude de maintenir une petite chaleur constante, de peur de grelotter au moindre arrêt.
« Garder le chauffage tout le temps allumé, même légèrement, c’est parfois rassurant pour certains, mais ce n’est pas la solution la plus économique aujourd’hui. »
Est-ce que cette méthode est toujours valable ?
Non, elle ne l’est plus vraiment. Les logements sont mieux isolés et les chaudières, pompes à chaleur et thermostats sont bien plus réactifs. Maintenir une température basse en permanence finit par coûter cher car on compense sans cesse les pertes, même quand la maison est vide.
En quoi les systèmes modernes changent la gestion du chauffage ?

Les chaudières récentes et les pompes à chaleur optimisent la consommation d’énergie. Pas besoin de chauffer en continu : un thermostat programmable règle la température selon les horaires d’occupation. On peut ainsi réduire le chauffage dans la journée et anticiper le retour des occupants sans dépenser plus.
« Les technologies actuelles permettent d’adapter le chauffage presque heure par heure. Programmer, c’est la vraie clé pour faire baisser la facture. »
L’isolation reste-t-elle le levier principal pour les économies ?

Oui, c’est toujours un point crucial. Jusqu’à 30% de la chaleur peut échapper par le toit, et 25% par les murs. La pose de joints autour des fenêtres, l’isolation des combles ou l’installation de doubles vitrages font une vraie différence, même sans gros travaux.
Quels réglages privilégier dans chaque pièce ?
Dans le salon ou la salle à manger, 19 °C suffisent largement. Pour les chambres, on conseille 17 à 18 °C. Si le logement est vide en journée, descendre à 16 °C ne pose pas de problème, et 15 °C en cas d’absence longue. Cela évite la surconsommation, surtout dans les pièces peu utilisées.
On entend souvent dire qu’une relance du chauffage consommerait plus d’énergie… Qu’en penser ?
C’est un vieux mythe. Avec les chauffages récents et une isolation correcte, la relance ne coûte pas plus cher, car les appareils montent vite en température. Il vaut mieux chauffer seulement quand on en a vraiment besoin.
Selon l’expert, ils m’ont conseillé de baisser le chauffage plutôt que l’éteindre : 15 % d’économies à la clé, une stratégie efficace pour réduire vos factures cet hiver.
Pour mieux comprendre comment optimiser vos économies, découvrez les conseils de terrain dans cet article : « Je baisse le chauffage sans tout couper et je gagne 12 % sur ma facture » : une experte de terrain répond aux questions les plus posées.
Si vous vous demandez pourquoi votre facture reste élevée malgré une baisse de température, cet article sur J’ai baissé mon chauffage fonte pour économiser : pourquoi ma facture reste aussi salée ? vous apportera des réponses précieuses.
« Ce qui fait grimper la facture, c’est surtout le gaspillage pendant les absences, pas la relance programmée d’un système moderne. Les anciens schémas ne sont plus d’actualité. »
Baisser d’un seul degré, est-ce vraiment efficace ?
Absolument. Passer de 20 °C à 19 °C sur l’ensemble du logement, c’est jusqu’à 7% d’économie. À l’échelle d’une année, cela peut représenter plus de 100 euros pour un ménage chauffé au gaz. C’est le geste le plus simple et rentable !
Pour finir, quels gestes concrets conseillez-vous au quotidien ?
Purger les radiateurs, aérer dix minutes par jour, poser des joints d’étanchéité, fermer les rideaux le soir, tout cela joue. Les petits gestes, associés à la programmation du chauffage, font la différence sur la facture et sur le confort.
Les habitudes héritées du passé ne tiennent plus devant les progrès des systèmes actuels et la nécessité d’économiser l’énergie. Chacun peut adapter sa gestion du chauffage, sans perdre en confort et en restant maître de ses dépenses. Et vous, avez-vous constaté une baisse de vos factures après avoir changé vos réglages ? Votre expérience compte, n’hésitez pas à commenter ou partager cet article ! Un proche pourrait bien en bénéficier lui aussi…



