Un député LR provoque la polémique en déposant une loi visant à interdire aux allocataires du RSA de partir jusqu’à trois mois à l’étranger sans perdre leurs aides. Le débat explose autour d’une règle jugée injuste face aux seuls cinq semaines de congés accordées aux salariés français.
Une mesure radicale contre les absences prolongées

Le 9 décembre 2025, Antoine Vermorel-Marques, député Républicain de la Loire, a officiellement proposé à l’Assemblée nationale de durcir les conditions du RSA pour limiter les séjours hors de France. Objectif : suspendre automatiquement les versements dès qu’un allocataire quitte le territoire au-delà d’une durée définie, sauf exception valable, en s’inspirant du modèle australien très strict.
Chiffres clés et impact immédiat

Actuellement, près de 3,5 millions de foyers bénéficient du RSA, avec la possibilité de voyager trois mois par an sans formalité. Ce dispositif, qui coûte environ 3 milliards d’euros chaque année à l’État, attire l’attention sur son manque de contrôle et de justification : aujourd’hui, aucune vérification n’est systématique pour les séjours sous la barre des 92 jours.
Polémique : injustice ou protection du contribuable ?
Pour Antoine Vermorel-Marques, le RSA ne doit pas devenir un passeport pour des vacances prolongées, alors que sa vocation est la réinsertion professionnelle sur le territoire. Il s’appuie sur des signalements d’abus : doubles passeports, absences non déclarées, coordination déficiente entre services sociaux et douanes.
« Comment justifier que des fonds publics soutiennent des séjours à l’étranger sans recherche active d’emploi ? » s’indigne le député.
Réactions contrastées sur la scène politique
Les partisans y voient une question d’équité : pourquoi 12 semaines potentiellement à l’étranger contre 5 pour les salariés ? Les opposants dénoncent une stigmatisation des foyers fragiles et un débat qui déplace le sujet du chômage et de la précarité. Des professionnels du social alertent sur le risque de complexité et sur le sort de familles qui maintiennent des liens essentiels à l’étranger. Les collectivités, elles, redoutent une surcharge administrative et demandent plus de moyens.
La proposition de loi sur le RSA relance le débat sur les droits aux trois mois à l’étranger, abus réel ou fake dénoncé à tort, une question qui divise profondément l’opinion publique.
Conséquences et prochaines étapes
Si la loi passe, ce sont des contrôles renforcés, une suspension automatique et un modèle de suivi calqué sur l’Australie qui pourraient s’imposer. Le texte entre maintenant en commission parlementaire pour étude et amendements. Un vote décisif pourrait changer durablement la gestion de cette aide sociale. La réforme toucherait directement des millions de personnes dépendantes du RSA.
La tension ne fléchit pas : cette proposition ouvre un front sur les aides sociales, la place du RSA et l’équilibre entre solidarité et contrôle en France.



