La lettre du DPE classe un logement de A, la meilleure performance, à G, la moins bonne. Elle dépend de deux critères : la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Le plus défavorable détermine la classe finale. Cette lettre permet de comparer des biens, mais elle a aussi des conséquences sur leur location, leur vente et les travaux à envisager.
De A à G : les seuils derrière chaque lettre
Le diagnostic de performance énergétique, ou DPE, évalue le logement dans des conditions d’utilisation standardisées. Son calcul prend notamment en compte l’isolation, le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le refroidissement et l’éclairage. Les classes F et G désignent les passoires énergétiques.

Le tableau suivant présente les seuils généraux. Des seuils adaptés existent pour les logements de petite surface : il faut donc consulter le diagnostic applicable au bien plutôt que recalculer soi-même sa lettre.
| Classe | Énergie primaire en kWhEP/m²/an | Émissions en kg éq. CO2/m²/an | Lecture pratique |
|---|---|---|---|
| A | Jusqu’à 70 | Jusqu’à 6 | Très performant |
| B | Plus de 70 à 110 | Plus de 6 à 11 | Performant |
| C | Plus de 110 à 180 | Plus de 11 à 30 | Performance intermédiaire favorable |
| D | Plus de 180 à 250 | Plus de 30 à 50 | Performance moyenne |
| E | Plus de 250 à 330 | Plus de 50 à 70 | Performance insuffisante |
| F | Plus de 330 à 420 | Plus de 70 à 100 | Passoire énergétique |
| G | Plus de 420 | Plus de 100 | Passoire énergétique la moins performante |
Pour obtenir une classe, le logement doit respecter les deux plafonds correspondants. Une faible consommation ne suffit donc pas si le chauffage entraîne des émissions importantes. Inversement, une énergie peu carbonée ne compense pas une consommation excessive.
Deux étiquettes à lire sans confondre consommation et facture
L’indicateur le moins favorable fixe la classe finale
L’étiquette énergie présente la performance énergétique et climatique globale. L’étiquette climat détaille les émissions de gaz à effet de serre, ou GES. Les deux lettres peuvent donc différer : la classe globale retient le moins bon résultat, tandis que la classe climat porte uniquement sur les émissions.
Par exemple, un logement affichant 200 kWhEP/m²/an et 60 kg éq. CO2/m²/an relève du niveau D pour sa consommation, mais du niveau E pour ses émissions. Sa classe DPE finale est E. Cet exemple montre pourquoi il faut regarder les deux valeurs, pas seulement le nombre de kilowattheures.
L’énergie primaire n’est pas l’énergie facturée
L’énergie finale correspond à l’énergie livrée au logement. L’énergie primaire tient aussi compte de l’énergie nécessaire en amont pour la produire et l’acheminer. Les kWhEP du DPE ne doivent donc pas être multipliés directement par le prix du kilowattheure de votre contrat.
La fourchette de dépenses annuelles figurant dans le rapport constitue un repère plus pertinent, sans être une garantie de facture. La température choisie, l’occupation, la météo et les tarifs modifient les dépenses réelles. Pour comparer deux logements, examinez aussi leur surface : un petit appartement classé E peut coûter moins à chauffer qu’une grande maison classée C.
Location et vente : les conséquences concrètes de la lettre
Le DPE est en principe obligatoire pour vendre ou louer un logement, sauf exceptions réglementaires. Il rejoint le dossier de diagnostic technique. Les annonces doivent notamment afficher les classes énergie et climat ainsi que l’estimation des dépenses énergétiques annuelles. Pour les biens F ou G, la mention « logement à consommation énergétique excessive » est également requise.
Pour louer, le calendrier impose d’anticiper
En France métropolitaine, les exigences de décence énergétique suivent un calendrier progressif, applicable selon les règles de conclusion, de renouvellement ou de reconduction du bail :
- Depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G sont concernés par l’interdiction de location.
- À partir de 2028 : cette restriction s’étend aux logements classés F.
- À partir de 2034 : elle s’étend aux logements classés E.
Les loyers des logements F et G sont par ailleurs soumis à un gel depuis le 25 août 2022, dans le champ prévu par la réglementation. Les calendriers ultramarins diffèrent. Un propriétaire bailleur doit donc vérifier sa situation précise avant de signer un bail ou de programmer ses travaux.
Une mauvaise lettre n’interdit pas la vente
Un logement F ou G peut être vendu. Sa performance peut toutefois peser sur la négociation, puisque l’acquéreur doit intégrer les dépenses énergétiques et la rénovation. En métropole, la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble d’habitation en monopropriété classé E, F ou G nécessite également un audit énergétique réglementaire. Cette obligation ne vise pas de la même manière la vente d’un appartement isolé en copropriété.
Vérifier le diagnostic avant de prendre une décision
Un DPE est généralement valable dix ans, mais les diagnostics établis avant le 1er juillet 2021 ne sont plus valables aujourd’hui. Depuis cette date, le DPE est opposable : ses informations peuvent engager la responsabilité des intervenants. Les recommandations de travaux conservent, elles, une valeur indicative.
Recherchez le numéro ADEME à 13 chiffres sur le rapport, puis consultez l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Vous pourrez retrouver les informations enregistrées et contrôler leur concordance avec le logement. Vérifiez notamment l’adresse, la surface, les équipements décrits et la date d’établissement.
Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité utilisé dans le calcul a changé. Certains logements chauffés à l’électricité peuvent ainsi obtenir une meilleure classe sans travaux. Une attestation actualisée peut être obtenue gratuitement auprès de l’ADEME lorsque le diagnostic est éligible, sans prolonger sa durée de validité. Les logements de moins de 40 m² peuvent également être concernés par des seuils adaptés.
Pour un nouveau diagnostic, choisissez un professionnel certifié et assuré. Le tarif n’étant pas réglementé, comparez plusieurs devis. Préparez les plans, les justificatifs d’isolation et les références des équipements : des caractéristiques documentées permettent une évaluation mieux étayée. En copropriété, le DPE collectif porte sur le bâtiment et ne remplace pas systématiquement le DPE individuel nécessaire à une transaction.
Améliorer la classe sans choisir les travaux à l’aveugle
La bonne stratégie dépend du point faible du logement : déperditions par la toiture ou les murs, ventilation inadaptée, chauffage ancien, production d’eau chaude peu efficace. Un audit permet de comparer des scénarios cohérents et d’estimer leur effet sur les deux indicateurs.
Une rénovation réussie se prépare dès son premier geste : celui-ci porte en germe les possibilités suivantes. Avant d’isoler les combles, prévoyez le passage des réseaux de ventilation ; avant de changer les fenêtres, examinez leur raccord avec une future isolation des murs. Cette anticipation évite de défaire un ouvrage récent et de créer des discontinuités thermiques aux jonctions.
Il faut généralement coordonner l’isolation, la ventilation et le chauffage plutôt que remplacer un équipement au hasard. Un appareil dimensionné après réduction des besoins sera mieux adapté. Les aides, notamment MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie et l’éco-PTZ, dépendent de conditions précises à vérifier avant tout engagement.
Ne retenez pas seulement une promesse de « gagner deux lettres » : demandez le scénario détaillé, les hypothèses de calcul et le budget global. Après les travaux, un nouveau DPE permettra de constater la classe effectivement atteinte.



