À l’aube de la retraite et avec plus de 750 000 € accumulés sur un plan d’épargne entreprise, Thierry (58 ans, ancien cadre technique) s’interroge : comment transformer cette somme en une sécurité pour ses vieux jours, sans tout risquer ou perdre en flexibilité ? Rencontre avec un propriétaire modeste qui partage ses doutes mais aussi ses choix, à l’heure où tout peut basculer dans l’organisation d’un patrimoine.
« Je savais que tout miser sur mon entreprise, c’était dangereux »

Pouvez-vous revenir sur la constitution de votre patrimoine ?
Thierry : Pendant plus de trente ans, j’ai toujours versé le maximum sur mon PEE, souvent en actions de mon entreprise avec l’abondement. Les résultats étaient bons, même spectaculaires certaines années. Avec le recul, j’ai fini par cumuler une épargne impressionnante, mais… très concentrée, et sur la boîte qui me versait déjà mon salaire.
« On ne pense pas toujours au risque. Quand on approche la retraite, le doute finit par l’emporter : qu’est-ce qui se passe si tout s’écroule d’un coup ? »
Pourquoi ce choix de réorienter vos placements maintenant ?
Thierry : C’est brutal, mais je me suis aperçu que si l’entreprise traversait une crise, je pouvais tout perdre en quelques mois. Ce double risque (bourse et emploi), cela devenait trop lourd. J’ai voulu diversifier, mais pas en claquant tout. Juste sortir petit à petit, sécuriser, me donner la possibilité de rebondir… Voilà l’idée.
Comment faire le bon arbitrage sans renoncer au rendement ?
Comment avez-vous amorcé la diversification ?
Thierry : J’ai commencé à transférer une partie du PEE sur une assurance-vie. Cela me donne plus de souplesse : je peux choisir la part sécurisée et la part dynamique selon mes besoins, et c’est accessible si jamais il me faut un coup de pouce rapidement, pour des travaux ou en cas de pépin. Mais je ne ferme pas tout : il m’arrive de laisser une réserve sur le PEE pour profiter du régime fiscal ultra avantageux en cas de besoin spécifique.
L’assurance-vie, c’est vraiment indispensable ?
Thierry : Pour moi, oui. Impossible de le faire sans. Ça me permet d’organiser la transmission à mes enfants dans des conditions bien plus avantageuses ; les abattements sont beaucoup plus intéressants qu’avec le PEE. Je place avant mes 70 ans, comme ça ils seront tranquilles. Et puis, au quotidien, c’est la flexibilité : je choisis quand et comment je débloque.
« Impossible d’ignorer la fiscalité et les imprévus : tout compte »

Qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir aussi un PER ?
Thierry : La fiscalité, c’est un vrai casse-tête, surtout quand les enfants quittent le foyer. Avec le PER, les versements sont déductibles. L’avantage est immédiat. Je préfère anticiper les possibles hausses des impôts ou des prélèvements demain. Ce n’est pas une assurance-vie bis, c’est un matelas complémentaire pour faire face à un coût de la vie qu’on ne maîtrise pas.
On parle souvent de liquidité : qu’avez-vous prévu ?
Pour anticiper les impacts fiscaux sur ses placements, Thierry s’intéresse aux effets du PER : cette nouvelle règle prive de déduction après 70 ans et bouleverse la retraite de millions de Français.
Pour anticiper les imprévus et optimiser ses investissements, Thierry pourrait s’inspirer des conseils sur les placements et arbitrages qui bouleverseront la gestion de patrimoine en 2026.
Thierry : Oui, c’est essentiel. J’ai gardé une part disponible, placée sur des livrets ou supports à mobiliser facilement, parce qu’un imprévu peut arriver vite (financer des travaux, changer de logement…). J’ai aussi vérifié dans mon PEE les options de déblocage anticipé, pour ne pas rester coincé si jamais j’avais besoin d’une partie de mes fonds avant la retraite.
« S’accompagner, c’est le seul moyen de ne pas subir en cas de crise »
Vous êtes-vous fait accompagner pour ces choix ?
Thierry : Oui, j’ai sollicité un conseiller indépendant, mais aussi la structure PACT locale, parce qu’ils connaissent bien les dispositifs d’aide, le droit au logement et la réalité de terrain sur la transition vers la retraite. On a pu penser un calendrier d’arbitrage plus fin, voir quelles aides publiques mobiliser en priorité si j’en ai besoin demain, notamment en cas de travaux d’adaptation ou de rénovation. Le fait d’être soutenu dans le montage des dossiers, d’être orienté vers les bons interlocuteurs, c’est aussi rassurant quand on migre vers la retraite.
« Un diagnostic patrimonial va au-delà des placements : il regarde aussi la qualité du logement, les risques à anticiper, et comment bien transmettre ce qu’on a mis des années à construire. »
Un dernier conseil pour ceux qui s’interrogent sur leur propre épargne ?
Thierry : Ne pas attendre l’urgence. Commencez tôt, faites-vous accompagner, renseignez-vous sur tout ce qui pourrait vous sécuriser, surtout en matière d’habitat et de transmission. En 2024, la complexité fiscale et les besoins d’adaptation du logement vont de pair. Seul, on oublie parfois l’essentiel. Entourez-vous et sécurisez sans sacrifier votre avenir !
Reconnaissez-vous dans ces questionnements ? Vous préparez, vous aussi, une étape patrimoniale importante ou vous accompagnez des publics concernés ? Posez vos questions, partagez vos conseils ou retours d’expérience ci-dessous – et n’hésitez pas à transmettre cet article à vos proches ou collègues qui se posent les mêmes questions.



