Face à la hausse des factures et à la complexité des démarches pour améliorer son logement, nombreux sont les propriétaires, locataires et professionnels qui cherchent à repérer clairement les critères d’une passoire thermique dans le DPE. Comment prendre la bonne décision – acheter, rénover, louer ou se faire accompagner – sans se perdre dans les étiquettes et les seuils ? Voici un éclairage concret issu de 20 ans d’expérience terrain pour faire le tri entre les critères utiles… et les pièges à éviter.
Comprendre le diagnostic de performance énergétique et la notion de passoire thermique

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue de façon standardisée la performance énergétique d’un bien immobilier. Obligatoire lors d’une vente ou d’une location, il détaille la consommation d’énergie et les émissions de CO₂, deux données qui influencent directement la facture, le confort et la place du logement dans la transition énergétique.
Le DPE attribue deux étiquettes : une pour la consommation d’énergie (classement de A à G, F ou G étant les plus énergivores), l’autre pour l’impact en émissions de CO₂. C’est la moins bonne des deux qui détermine la classe finale, un point à surveiller attentivement pour ceux qui souhaitent vendre ou louer.
À retenir : un logement est classé F au-delà de 330 kWh/m²/an et G au-delà de 420 kWh/m²/an de consommation, avec des impacts forts en termes de rejets de CO₂. Ce double critère permet de cibler rapidement les « passoires thermiques ».
L’enjeu concret des passoires thermiques au quotidien

Habiter dans une passoire thermique, ce n’est pas seulement une histoire de normes. C’est subir des hivers difficiles avec des courants d’air froid, des problèmes d’humidité, et parfois des factures de chauffage qui pèsent lourdement sur le budget. Pour de nombreux ménages suivis par le réseau PACT, l’impact est aussi sanitaire (moisissures, asthme) ou social (difficulté à rester autonome à domicile).
- Facture énergétique : parfois deux à trois fois plus élevée que la moyenne régionale.
- Confort thermique instable : pièces difficiles à chauffer, murs froids, sensation d’inconfort persistant.
- État du marché : valeur du bien en baisse, difficultés de location ou de revente, pression réglementaire croissante.
À titre d’exemple, Mme Bertin, retraitée en zone rurale, a pu réduire ses dépenses annuelles de chauffage de 2 700 € à moins de 1 100 € après une rénovation guidée sur la base d’un DPE précis et d’un accompagnement gratuit par le PACT local.
DPE passoire thermique et réglementations : ce qu’il faut anticiper
La réglementation évolue rapidement. Dès 2025 pour la classe G et progressivement jusqu’à 2034 pour la classe E, les logements énergivores seront interdits à la location s’ils n’atteignent pas un certain niveau de performance énergétique. Les propriétaires devront donc réaliser les travaux nécessaires pour continuer à louer ou vendre.
- Les travaux peuvent concerner l’isolation, le changement de système de chauffage, la ventilation.
- Les seuils de décence énergétique deviennent une condition légale de mise en location.
- Des aides comme MaPrimeRénov’, CEE ou l’éco-PTZ permettent de rendre ces rénovations plus accessibles.
Bon à savoir
Je vous recommande de vérifier régulièrement l’évolution des réglementations sur les passoires thermiques afin de mieux anticiper les travaux nécessaires et leurs impacts financiers.
Les structures PACT accompagnent les ménages étape par étape, du diagnostic au montage du dossier d’aides, jusqu’au contrôle qualité des interventions. Pour un senior comme pour un bailleur, cet accompagnement est souvent la clé pour éviter de perdre du temps… ou de l’argent.
Lire un DPE : distinguer les critères vraiment utiles
- Classe énergétique : repérer rapidement la lettre F ou G, mais aussi la valeur précise en kWh/m²/an. Un logement F à 340 kWh/m²/an sera plus facile à rénover qu’un G à 500 kWh/m²/an.
- Émissions CO₂ : attention si le système de chauffage repose sur le fioul ou une ancienne chaudière gaz, car les émissions peuvent faire basculer la classification.
- Postes de travaux prioritaires : l’isolation de la toiture, les murs, les fenêtres à simple vitrage et le type de chauffage sont les principaux leviers d’action.
- Recommandations du rapport : hiérarchie des travaux, avec pour chaque item l’ordre d’efficacité/coût rapporté (isolation, chauffage, ventilation, vitrage).
- Proximité du seuil de reclassement : calculer la distance qui sépare le logement du seuil énergétique supérieur contribue à estimer le volume d’effort et le coût réel à prévoir.
Un auditeur du réseau PACT conseille souvent d’associer au DPE un audit énergétique pour aller plus loin, notamment quand plusieurs solutions sont envisageables et que des arbitrages techniques ou financiers s’imposent. Pour tout propriétaire, cette étape permet d’éviter les mauvaises surprises ou les travaux inadaptés.
Critères concrets pour choisir ou rénover une passoire thermique
- État de l’isolation (toit, murs, sols, fenêtres) : le levier le plus rentable pour réduire durablement la consommation.
- Système de chauffage : remplacer le fioul, les simples convecteurs électriques par une pompe à chaleur ou une chaudière à granulés à haut rendement.
- Possibilités concrètes de financement via MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie, éco-PTZ, aides locales selon le territoire (France Rénov’, PACT, collectivités territoriales).
- Accompagnement terrain : choisir un organisme référencé, neutre et proche de chez soi, capable d’accompagner de A à Z.
Prendre le temps d’étudier chaque devis, se méfier des offres trop belles pour être vraies, demander systématiquement des références d’artisans RGE… autant de réflexes partagés par les bénéficiaires du réseau PACT.



